vendredi 8 janvier 2016

Présentation de "Parcelles d'elles" par Christian Cosberg



Par Christian Cosberg

Quelques mots pour vous parler de Parcelles d’elles, de notre ami Bruno Robert. C'est un de ces livres qui ressemble à la vie, tissé d’ombre et de lumière, de rires et de larmes, un livre qui parle si intimement qu’il finit par parler à chacun. Et puis, entre autres qualités, il y a cette retenue, cette finesse pour dire et suggérer les choses...Le livre est jalonné par de superbes photographies signées de l’auteur.

deux cyprès
sans pouvoir
se toucher
.
.
matin de brume
on ne voit plus fumer
le tas de fumier
.
.
repas pascal
autour de l’agneau
les enfants gigotent
.
.
toute une nuit
à faire le tour de la lune
autour du lac
.
.
visite à sa mère
elle ne le reconnaît pas
lui non plus
.
.
averse nocturne
le foin retrouve son odeur
d’herbe fraîche
.
.
sentier de montagne
je croise deux femmes
sur le retour

Voilà quelques unes des pépites que l’on peut trouver dans ce très beau recueil que je vous recommande chaudement !
Parcelles d’elles, de Bruno Robert est publié dans la collection Haïku des éditions Tapuscrits (7,80 euros)
http://tapuscrits.net/



samedi 26 décembre 2015

Parution du recueil de haïkus illustrés " Parcelles d'elles"


J'ai le plaisir de vous informer de la parution de mon recueil "Parcelles d'elles "
 à découvrir dès à présent aux éditions Tapuscrits 



Avec « Parcelles d'elles », Bruno ROBERT
nous entraîne d'un instant à l'autre, entre
visible et invisible, au-delà des apparences
où s'ouvrent les espaces infinis de l'imaginaire.
Sensible et généreuse, sa poésie brève alterne
entre «Haïku et Senryû ». Elle est empreinte
de la douceur un rien mélancolique
des souvenirs, de l'émotion et d'une légère
pointe d'humour.
humant une rose
il cueille le sourire
d'un beau brin de fille
toit du monde
tout ce monde
et toi
Les éditions Tapuscrits
68 pages - 7.80 € (port inclus)
ISBN 979-10-94418-11-6
www.tapuscrits.net


jeudi 10 décembre 2015

Haïku - Senryû - n° 47 d'octobre à novembre 2015


(hors saison)
champ de narcisses
on ne le traverse
que du regard


maison à vendre
le chat roux
tourne en rond


maison vendue
le chat roux
broie du noir



maison vendue
ses souvenirs étalés
au vide- grenier



matin gris d'octobre
un morceau de ciel bleu
patauge dans la flaque


pluie battante
deux talons aiguilles
battent le pavé


à peine morte
virevoltant au vent
une feuille rousse


brisant la nuit
une goutte d'eau
dans le lavabo


premiers frimas
à l'aube frissonnante
le chant rauque du coq


frissons du matin
le soleil déjà
à l'heure d'hiver


vent d'octobre
l'arbre dépouillé 
de ses derniers frissons


séparation
même les torts
à partager


frissons
ce jazz qui d'jazze dans le noir
c'est extra

(emprunt à Léo Ferre)


végétarienne
elle me fait une salade
pour trois fois rien



restaurant Bio
les plats plus légers 
que l'addition




silence de tombe
quelques chrysanthèmes éclairent
les allées désertes



bancs de brume
un héron cendré sillonne 
le champ de labours



brume brune il bruine
sur la forêt de chartreuse
- le cri d'un bruant



rais de lumière
l'automne allume
ses antibrouillards



matin frisquet
la vallée s'enveloppe
d'une écharpe de brume



brouillard
à couper au couteau
je beurre mes tartines



matin noir
et blanc de brouillard
et ces croix de bois



salon de la photo
dans le plus simple appareil
mon Nikon et elles


13.11.2015

jours noirs
sur les pavés souillés
poussent des fleurs



l'oiseau noir
le souffle du silence
un vol d'oiseaux blancs



jours d'après
les oiseaux se cachent encore
pour chanter



Couchant d'automne
ce monde n'engendre pas
que le pire


couchant d'automne
des airs de fête chassent
la horde de nuages


matin de neige
tout n'est pas blanc
ni noir



corde à linge
un wonderbra
sans rien dessous


vent du nord
le string grelotte 
sur la corde à linge






derniers soirs de novembre
autant de bougies
que d'âmes et de cœurs





© Bruno ROBERT 2015


lundi 12 octobre 2015

Haïku - Senryû N° 46 Automne 2015



ronde de nuit
dans sa sortie de bain
la pleine lune



matin d'orage
toute cette pluie sur elle
et ce coup de foudre



matins gris
sur le chemin de lumière
attendre son retour



retrouvailles
sur les chemins buissonniers
nos rires d'enfants



cinq heures et demie
la lune pleine à ras bord
de ma nuit blanche



ciel de rentrée
l'ombre des vacanciers
sur la plage



sortie d'école
le père et l'enfant croisent
leur maîtresse



jardin de ville
les cartables se croisent
en planches à roulettes



regards fuyants
de la foule qui le frôle
- abri d'infortune



quelque part
cette parcelle d'elle
au fond de moi



nuit de rêve
elle fait celui
de dormir


encore et encore
sur les chemins de poussière
marcher vers elle



seul un soleil pâle
fait ouvrir les parasols
on doit être hors-saison



encore un automne
le grand carrousel emporte
mes rêves d'enfant



matin d'automne
juste le murmure de la bruine
sur les feuilles



matin d'octobre
soufflant sur mon café noir
la mer boit la tasse



vague à l'âme
toujours ce vague vent d'automne
sans elle




feuilles mortes
le tas du voisin
devant ma porte




lundi 24 août 2015

Haïku - Senryû : Carnet d'un jour (45) Août 2015 : moments

vagues migratoires
une chaleur clandestine
envahit la France


averse nocturne
le foin retrouve son odeur
d'herbe fraîche


Dimanche matin
le ciel déverse
son trop-plein d'étoiles


nuit au refuge
dernière escalade -
les lits superposés


là-haut
les oiseaux volent plus haut
que les montagnes


sécheresse en plaine
le bétail rumine 
le foin d'hiver


nuit d'été
son étoile file
avec mon vœu


nouvelle lune
rien de nouveau
sous le soleil


bourrasque
son ombrelle se retourne
je me retourne

luge d'été
une main sur sa kippa
l'autre sur le frein
Huez - 07.08.2015


le silence a des ailes
j'entends
une mouche voler


les dents
tapissées de moucherons-
sourire du motard


fin du concert
les musiciens
présentent la note


plateau de mignardises
elles trouvent la note
un peu salée


© Bruno ROBERT Août 2015



lundi 13 juillet 2015

Haïku - Senryû : Carnet d'un jour (44) juillet 2015 : canicule


canicule
pas un brin d'air hormis
la queue du chat qui bat


sirocco
elle sirote
son lait de coco 

nuits de canicule
sans draps
sans culotte

 ou
 nuits de canicule
Sandra
sans culotte

nuit de canicule
seul le ventilateur
ne manque pas d'air


souffle d'air frais
la canicule s'en empare
avant moi


pas un chat

même leur ombre
à l'ombre des toits


demi pression
des gouttes de canicule
coulent sur mon front


nuit de canicule
demain j'installe
une éolienne


fin de canicule
enfin dans l'eau
un peu de pastis


fin de canicule
les chats 
promènent leurs ombres


coup de frais
le mistral culbute
la canicule



© Bruno ROBERT 2015



lundi 22 juin 2015

Haïku - Senryû : Carnet d'un jour (43) juin 2015 : d'un instant à l'autre


à l'ombre du mur
la lumière
incognito


jardin de ville
un tricycle écrase
une paire de tongs

coucher du soleil
une dernière lumière
traîne dans les rues

repas en terrasse
la discussion s’enflamme
les brochettes aussi

au bout
du bout
l’orée du bois

matin clair
elle nappe son café
d’un nuage de lait

porte des lilas
il lui apporte
du lilas

jardin de ville
le vendeur de glace
n’a plus de boules

sous les ponts
la nuit la seine borde
son lit de cartons

depuis
qu’il sort avec elle
il rentre son ventre

déchetterie
un cadre de porte
ouverte

une limace
croisant un escargot
- tu pars en vacances ?


au bout
de la corde du puits
- crapaud dans le seau


lundi de marché
le poissonnier parti
reste l’odeur

le ruisseau
ne voit que les dessous
de la passerelle

pendue
à son téléphone
l’air détaché

à l’angle
de ma rue une autre rue
au même angle


© Bruno ROBERT 2015